Un peu de visibilité budgétaire pour les MFR

Lors de leur assemblée générale, le 14 avril, Stéphane Le Foll a promis aux MFR (Maisons Familiales Rurales) un nouvel avenant au contrat les liant à l’État, pour cadrer leurs subventions jusqu’en 2017. Pas de hausse en vue toutefois…

Cela faisait bien longtemps que le ministre de l’Agriculture ne s’était pas fait applaudir à un congrès…

« Je suis reçu ici avec écoute et respect, vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien », a lâché Stéphane Le Foll devant l’assemblée générale des MFR (Maisons familiales rurales), qui s’est tenue à Paris les 13 et 14 avril 2016. Il faut dire qu’elles attendaient depuis longtemps sa venue à l’un de leurs congrès et que le ministre a su vanter leurs performances éducatives…

Budget cadré jusqu’aux présidentielles

Les mille congressistes avaient toutefois des remontrances à faire aux pouvoirs publics. En particulier sur les questions budgétaires : depuis 2013, un avenant au contrat de financement des MFR limite à 205 millions d’euros le montant de leur subvention globale, au lieu des 215 millions d’euros négociés à l’origine avec l’État. Un plafonnement « partial et injuste », a estimé Xavier Michelin, président de l’Union nationale des MFR (UNMFRO).

Surtout, cet avenant expire fin 2016, laissant les principaux intéressés dans le doute pour la suite. Le ministre a tenté de les rassurer : « je vous propose de travailler à un nouvel avenant d’un an pour arriver jusqu’en 2017 », leur a-t-il annoncé. En d’autres termes, de fixer un nouveau cadre budgétaire jusqu’aux prochaines élections présidentielles, renvoyant ainsi à la future équipe gouvernementale la responsabilité de faire avancer ce dossier sensible.

Devançant les critiques, Stéphane Le Foll a rappelé dans son discours son « engagement » en faveur de l’enseignement agricole : « j’appartiens à un gouvernement qui a des contraintes budgétaires, mais j’ai toujours recherché l’équilibre et la justice dans les efforts demandés ». Dans la foulée, il a donné rendez-vous à l’UNMFRO « la semaine prochaine » pour discuter des termes du nouvel avenant. Celle-ci n’est pas dupe, il ne devrait modifier les comptes qu’à la marge…

Développement des territoires ruraux

Les MFR tiennent d’autant plus aux dix millions d’euros manquant dans leur budget qu’elles sont bien décidées à jouer un rôle clé dans le développement des territoires. « Nous sommes non seulement un mouvement d’éducation, mais aussi un mouvement ancré dans le local, dans un tissu social, économique, associatif vivant, a martelé Xavier Michelin. Or nous pensons que ce tissu ne reste vivant que si les femmes et les hommes s’y impliquent. Sans la capacité à faire émerger des projets, à attirer des jeunes, les territoires sont toujours menacés de devenir des déserts ».

Les MFR multiplient leurs engagements pour porter ce message. Elles soutiennent ainsi l’appel en faveur de la rédaction d’un livre blanc sur la ruralité par la Commission européenne , et organiseront cet été, à Figeac (Lot), une première « université itinérante des territoires ruraux » pour « accompagner l’émergence de nouveaux métiers », en agriculture notamment. Autant d’initiatives saluées par le ministre, qui a loué leur « mission de service publique » en la matière. De quoi justifier les applaudissements de la salle.

A. Cardinaux

La France Agricole du 14/04/2016